Le portrait-robot de l’entrepreneur tech vendéen n’existe pas
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30/09/2026
À quoi ressemble un entrepreneur tech vendéen ? Difficile de dessiner un portrait-robot. Ici, l’innovation ressemble moins à la startup métropolitaine classique : moins de pure tech, davantage d’industrie, de produits, de fabrication, de réparation et de technologies appliquées à des problèmes très concrets. Et surtout, des parcours qui ne rentrent pas toujours dans les cases.
Il y a les très jeunes qui se lancent, les entrepreneurs qui remettent ça pour la deuxième, troisième ou quatrième fois, les industriels, les ingénieurs, les spécialistes du numérique… et même un ancien maire qui s’est lancé dans l’aventure autour de 60 ans. Le paysage reste majoritairement masculin, mais plusieurs femmes portent aussi des entreprises en pleine accélération. Bref, si la Tech vendéenne avait un visage, elle serait difficile à reconnaître dans une foule. Et c’est précisément ce qui fait sa singularité.
Ici, la Tech a souvent les mains dans le cambouis
Dans les métropoles, « startup » évoque facilement une plateforme, une application ou un SaaS. En Vendée, la Tech s’appuie davantage sur un tissu industriel et des savoir-faire très ancrés dans le territoire.
Daan Tech fabrique son petit électroménager intelligent en Vendée et revendique une ambition de fabrication française. ANOD développe son vélo électrique hybride avec une partie de sa chaîne de valeur localisée en France. Les Réparables mettent la technologie au service de la réparation et de la durée de vie des vêtements. Ezio, de son côté, l’utilise pour faciliter la vie des aidants professionnels.
Et parfois, l’innovation vient franchement là où on ne l’attend pas. Alegina transforme les coquilles d’huîtres en matériaux innovants et en porcelaine biosourcée. Son fondateur, Philippe Gaboriau, ancien maire de Dompierre-sur-Yon, s’est lancé dans l’entrepreneuriat autour de 60 ans.
Même logique autour des enjeux de souveraineté, avec des entreprises qui travaillent sur l’IA, la cybersécurité ou des solutions comme No Bullshit, Recapro, Brijyt ou encore Digitemis.
La Tech n’est donc pas forcément un secteur en soi. Elle devient un outil pour transformer un métier, une industrie, un usage ou un problème du quotidien.
Des entrepreneurs qui ne rentrent pas dans le portrait-robot
Autre particularité : les parcours. L’écosystème reste encore majoritairement masculin, mais plusieurs entrepreneuses montrent que les trajectoires féminines y prennent leur place : Natacha Burahee avec Oriway, Nadine Pubert avec Applicamp, Blandine Barré avec Les Réparables....
Et puis il y a Emma Capron, qui lance Slash Intérim en 2021 pour repenser l’intérim par le numérique. En 2025, l’entreprise réalise une levée de 6 millions d’euros, l’une des plus importantes de l’écosystème startup vendéen.
À l’autre bout du spectre, PYT Audio, YouCie et d’autres jeunes pousses rappellent que la nouvelle génération est bien là. Pendant que des entrepreneurs comme Alexandre Launay, François-Guillaume Ribreau, Stéphane Poirier ou Frédéric Bonnin multiplient les aventures et les récidives.
Alors, à quoi ressemble le visage de l’entrepreneur tech vendéen ?
À un industriel qui réinvente son produit.
À une entrepreneuse qui transforme un secteur traditionnel.
À un jeune qui lance sa première boîte.
À un serial entrepreneur qui remet ça.
À un ancien élu qui transforme des coquilles d’huîtres en porcelaine.
Il n’y a finalement pas de portrait-robot. Et c’est peut-être ça, le portrait de la Tech vendéenne : des entrepreneurs qui partent du territoire, de leurs métiers et de problèmes très concrets pour construire des solutions qui peuvent, elles, aller beaucoup plus loin.