Quand la tech s’immisce jusque dans les ateliers
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04/02/2026
En Vendée, la French Tech ne court pas après les effets de mode. Loin du « full tech – full IA » ou des modèles SaaS standardisés, l’innovation y résonne à tous les niveaux du tissu économique et pas seulement chez les jeunes pousses. Elle s’incarne dans les usages, transforme les métiers et s’immisce jusque dans les ateliers et les process industriels.
Un genre encore difficile à nommer, que l’on qualifie tour à tour d’« entreprises innovantes à pari industriel » ou de « startups industrielles ». Des acteurs à la fois profondément disruptifs, très innovants et pourtant stratégiques.
Et si cette singularité disait quelque chose de l’avenir de la tech française ?
Là où les grandes métropoles affichent une forte culture digitale et où Paris concentre les startups de services et d’intelligence artificielle les plus visibles, le territoire vendéen avance avec un autre ADN : une innovation constante au service de l’économie réelle. Ici, la tech ne se limite pas aux grandes tendances mondiales du moment. Elle se conçoit au quotidien, se teste sur le terrain, se développe et se déploie dans des usages concrets.
Cette orientation n’est pas le fruit du hasard.
La Vendée s’appuie sur un tissu historique d’entreprises, majoritairement industrielles et souvent familiales, qui ont appris à innover par nécessité plus que par effet de mode. Le résultat est un écosystème composé de startups et de scale-ups qui parlent bien sûr de tech - IA, data, cloud, blockchain, cybersécurité - mais aussi de matériaux, d’énergie, de process industriels, de décarbonation, de robotique ou encore de biotechnologies industrielles.
Ce positionnement change profondément les perspectives. D’abord, parce que le temps de l’innovation n’est pas le même. On ne pivote pas une ligne de production comme on modifie une interface. Les cycles sont plus longs, les investissements plus lourds, les preuves plus exigeantes. En contrepartie, l’impact est souvent plus profond et plus durable.
Il pose ensuite, très concrètement, la question de la souveraineté industrielle. Pas seulement numérique, mais aussi productive. Relocalisation, réindustrialisation, indépendance énergétique, maîtrise des process et des matériaux, sécurisation des chaînes d’approvisionnement : autant d’enjeux que les entreprises innovantes vendéennes adressent déjà, souvent sans le revendiquer. Dans un contexte géopolitique instable, cette capacité à produire, transformer et innover localement devient un levier majeur.
Moins de storytelling, plus de preuves.
Cette French Tech « indus » bouscule également les modèles d’accompagnement. On y parle moins de croissance éclair et davantage de robustesse. Moins de volume d’utilisateurs, plus de capacité à tenir dans le temps. Les partenariats entre startups et industriels établis y jouent un rôle clé, tout comme l’ancrage territorial.
Reste une question ouverte : comment valoriser cette singularité sans chercher à reproduire les modèles dominants ? Comment raconter une tech qui ne promet pas le futur, mais le fabrique déjà ? Et comment fédérer davantage startups, entreprises innovantes, PME, ETI autour d’une vision commune de l’innovation industrielle ?
Peut-être que la force de la French Tech Vendée est là : assumer une tech plus ancrée, plus en phase avec les forces vives du territoire. Une tech qui transforme en profondeur. Une tech qui ne cherche pas à briller, mais à durer.
Et si, finalement, c’était aussi l’un des visages les plus crédibles de la tech de demain ?